On entend souvent que « se protéger du soleil », c’est surtout éviter les coups de soleil. En dehors des coups de soleil, en quoi la protection solaire est-elle essentielle pour la santé de la peau ?
Le coup de soleil n’est en réalité que la partie visible des dommages causés par les UV. Une grande partie des effets du soleil sur la peau est silencieuse et cumulative.
Les UV accélèrent le vieillissement cutané (rides, perte d’élasticité, taches pigmentaires) mais surtout, ils provoquent des lésions de l’ADN des cellules de la peau qui augmentent le risque de cancers cutanés, notamment les carcinomes et les mélanomes.
On sait aujourd’hui que les expositions intenses et intermittentes, associées aux coups de soleil, sont particulièrement impliquées dans le risque de mélanome, même si l’exposition cumulée chronique joue elle aussi un rôle délétère, notamment pour les autres cancers cutanés et le photovieillissement.
Il faut aussi rappeler que les UVA, responsables d’une grande partie du photovieillissement et impliqués dans les cancers cutanés, traversent les nuages et les vitres. On peut donc accumuler des dommages même sans avoir l’impression de “brûler”.
Y a-t-il des populations plus à risque que d’autres : travailleurs extérieurs, enfants, phototypes clairs, etc. ?
Oui, certaines populations sont particulièrement vulnérables.
Les personnes au phototype clair (peau claire, yeux clairs, cheveux blonds ou roux) ont un risque plus élevé de cancers cutanés. Mais il ne faut pas croire que les peaux mates ou foncées sont totalement protégées : elles peuvent aussi développer des cancers cutanés et souffrir des effets du photovieillissement ou de l’hyperpigmentation.
Certaines personnes présentent également des facteurs de risque particuliers : celles ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancers cutanés, un grand nombre de grains de beauté, notamment plus de 50 nævus, ou ayant été très fortement exposées au soleil au cours de leur vie.
Les enfants constituent également une population prioritaire, car une partie importante de l’exposition solaire cumulée se produit dès l’enfance. Les coups de soleil précoces augmentent le risque de mélanome à l’âge adulte.
Enfin, on sous-estime souvent les personnes exposées de façon répétée dans leur quotidien : travailleurs en extérieur, mais aussi sportifs réguliers en extérieur, coureurs, pratiquant·es de sports de haute montagne ou d’endurance, qui accumulent des doses importantes d’UV parfois sans protection adaptée.
Quelles sont les 3 bonnes pratiques que vous recommanderiez pour se protéger efficacement du soleil ?
La deuxième, souvent sous-estimée, est de privilégier les protections physiques : vêtements couvrants, lunettes de soleil et chapeau restent les moyens les plus efficaces de photoprotection.
Enfin, la crème solaire doit être utilisée comme un dernier rempart, et non comme un moyen de prolonger volontairement l’exposition au soleil. Il faut choisir une protection SPF50 avec protection UVA et UVB, l’appliquer en quantité suffisante et la renouveler fréquemment, notamment après la baignade ou la transpiration.
La crème solaire ne doit pas donner un faux sentiment de sécurité : elle complète les autres mesures de protection, mais ne remplace ni l’ombre, ni les vêtements. Par ailleurs il faut rappeler qu’une crème solaire ne doit jamais servir à prolonger volontairement l’exposition au soleil.