La demande de la filière cosmétique est simple : que la réglementation européenne prenne pleinement en compte l’usage réel des substances.
Prenons un exemple très concret : le citron. Certaines molécules naturellement présentes dans les agrumes pourraient être classées « CMR » sur la base d’études examinant l’impact de ces substances à fortes doses.
En théorie, par effet domino cela pourrait conduire à interdire des huiles essentielles d’agrumes dans les cosmétiques… alors même que nous continuons évidemment à consommer le fruit entier, sans restriction.
Nous pourrions également prendre l’exemple de l’éthanol. Oui, l’alcool peut être dangereux lorsqu’il est bu en grande quantité. Mais l’éthanol utilisé dans un parfum, appliqué sur la peau, est sûr. C’est d’ailleurs le même ingrédient qui a sauvé des vies pendant la pandémie de Covid grâce aux gels hydroalcooliques.
Ce n’est pas la substance en soi qui fait le risque : c’est la manière dont elle est utilisée.
Les produits cosmétiques ne sont pas mis sur le marché « par hasard ».
Nous disposons déjà en Europe de la réglementation la plus stricte au monde.
Avant de pouvoir trouver votre produit dans un magasin :
- Il fait l’objet d’une évaluation toxicologique complète ;
- Il est validé par un évaluateur de sécurité qualifié ;
- Certains ingrédients sont examinés par un comité scientifique indépendant (CSSC) ;
- Une surveillance continue est assurée après la mise sur le marché (cosmétovigilance).
Sur le marché européen, la santé des consommateurs passe avant tout : seuls les produits sûrs y ont leur place. Et cela ne changera pas !
Ce que nous demandons avec l’Omnibus Chimie : plus de clarté, pas d’affaiblissement
Aujourd’hui, la réglementation ne distingue pas correctement les voies d’exposition entre ingestion, inhalation ou simple application sur la peau.
Dans la vie quotidienne :
- Un parfum ne se boit pas ;
- Une crème ne s’inhale pas ;
- Une huile essentielle utilisée en cosmétique n’est pas consommée comme un aliment.
Pourtant, certaines classifications actuelles dans l’Union européenne peuvent conduire à interdire automatiquement des ingrédients, même lorsque leur usage pour le secteur cosmétique est sûr.
Reprenons notre cas concret des huiles essentielles avec le p-Cymène : présent dans de nombreuses substances naturelles comme le néroli, le thym, le citron ou la lavande. Sa classification CMR pourrait conduire à l’interdiction de l’utilisation de ces huiles essentielles en cosmétiques alors que leur innocuité est avérée… et que nous continuons à les consommer dans notre alimentation quotidienne.
La sécurité des consommateurs reste notre priorité absolue. La filière demande simplement que la réglementation tienne compte de l’usage réel des produits.
Un enjeu économique majeur pour la France et l’Europe
La filière cosmétique française :
- est le 2ᵉ secteur exportateur français ;
- soutient 300 000 emplois directs et indirects en France et près de 3 millions d’emplois à l’échelle de l’Union européenne ;
- contribue fortement à la balance commerciale de la France avec un excédent commercial de 17 milliards d’euros en 2025.
C’est un fleuron industriel européen, reconnu dans le monde entier pour la qualité et la sécurité de ses produits.
Préserver ce secteur ne signifie pas affaiblir la sécurité. Cela signifie garantir des règles claires, cohérentes et applicables, qui permettent à la filière cosmétique européenne de continuer de rayonner à l’international
FOCUS : Comprendre le chiffre de « 85% » cité dans l’article
Le député européen interrogé dans l’article du Parisien affirme que « 85 % de ces produits que nous utilisons chaque jour sont susceptibles de contenir des substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la fertilité ». Cette suggestion est erronée et semble résulter d’une confusion, qu’il est primordial de rectifier.
Les nouvelles règles sur les produits chimiques menacent aujourd’hui plus de 10 ingrédients très utilisés en cosmétique. Cela oblige à changer la recette de 85% des 500 000 produits actuellement sur le marché dans les 2-3 prochaines années, sans gain réel pour la sécurité des consommateurs. Ces éléments ne signifient pas pour tant que 85 % des produits seraient dangereux puisque tout dépend de l’usage réel des ingrédients concernés dans les produits.
Pourquoi dire adieu aux parfums célèbres ou produits phares s’ils sont déjà sûrs pour un usage quotidien ?
A retenir :
- La réglementation européenne est la plus sûre au monde et nous ne voulons pas l’assouplir : Les cosmétiques européens resteront les plus sûrs au monde.
- La filière ne demande pas moins de sécurité
- Elle demande des règles claires, adaptées à l’usage réel des produits
- Protéger les consommateurs et préserver un secteur stratégique vont de paire
- La sécurité doit rester fondée sur la science et sur l’usage réel