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PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : COMMENT EST ÉVALUÉE LA SÉCURITÉ DE MON PRODUIT ?

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Nous travaillons depuis plusieurs années sur la question des perturbateurs endocriniens.

Indiscutablement, la perturbation endocrinienne est une préoccupation majeure en matière de santé et d'environnement. Ce phénomène est étudié et traité avec beaucoup de sérieux par les autorités, les entreprises et tous les représentants de la société civile.

La définition de l'Organisation Mondiale de la Santé fait consensus. Elle définit un perturbateur endocrinien comme "une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien, et induisant donc des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou sous-populations.".

Cette définition repose sur le fait que les systèmes endocriniens sont des systèmes en équilibre/déséquilibre permanent. De très nombreuses substances peuvent modifier temporairement l'équilibre de ces systèmes endocriniens sans les altérer de façon définitive ou de façon indésirable – c'est le cas de l'eau ou du café par exemple. De même, nous prenons volontairement des "perturbateurs endocriniens" tel que la pilule contraceptive.

Il faut donc distinguer les substances qui ont un effet temporaire et réversible sur le système endocrinien de celles qui causent des effets indésirables et irréversibles.

Des discussions sont donc en cours au niveau européen pour mieux préciser la définition de l'OMS et établir des critères permettant de définir les substances qui sont des perturbateurs endocriniens avérés et les réglementer.

Contrairement à certaines idées reçues, l'effet perturbateur endocrinien est déjà pris en compte dans l'évaluation de la sécurité des ingrédients et du produit cosmétique.

D'abord, l'effet perturbateur endocrinien est pris en compte dans l'élaboration de la réglementation.

En effet, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) est un groupe d'experts indépendants régulièrement saisi par la Commission européenne pour évaluer la sécurité des substances utilisées en cosmétiques. Pour procéder, il s'appuie sur l'ensemble de la littérature scientifique existante et peut demander, s'il le juge nécessaire, des données complémentaires. Après étude, il rend ses conclusions sous forme d'un "avis" dans lequel il peut conseiller le statu quo, un abaissement des concentrations autorisées ou une interdiction pure et simple. La Commission européenne s'appuie sur cet avis pour faire évoluer la réglementation en conséquence.

Dans un mémorandum disponible sur son site internet, le CSSC explique la façon dont il intègre les données sur les perturbateurs endocriniens dans ses avis depuis de nombreuses années (https://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consumer_safety/docs/sccs_s_009.pdf)

Ensuite, l'évaluateur de la sécurité des produits doit prendre en compte l'effet perturbateur endocrinien.

En plus de ce premier examen, la réglementation impose aux entreprises de faire appel à un expert qualifié en toxicologie pour mener, pour chaque produit, une évaluation de la sécurité qui prenne en compte toutes les données scientifiques fiables disponibles. L'évaluation de la sécurité doit également tenir compte des paramètres liés à l'usage (par exemple : la zone d'exposition, la fréquence d'exposition,…) et des profils d'utilisateurs (bébés, femmes enceintes, séniors…). Les preuves de l'efficacité et de la sécurité du produit sont obligatoirement compilées dans un Dossier d'Information Produit qui est tenu à disposition des Autorités et qui peut être consulté lors des contrôles. Un produit cosmétique qui ne répond pas aux obligations en matière de sécurité est retiré du marché à la demande des autorités.

A partir du moment où des données scientifiques ne vont pas dans le sens de la sécurité d'un ingrédient pour l'utilisation prévue, il ne pourra pas être utilisé dans le produit cosmétique.

 

 

 

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