L’OMS alerte l’opinion chaque année sur les risques d’une exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) responsables, dans la plupart des cas, des cancers de la peau. Chaque année, entre 140 000 et 250 000 cas sont diagnostiqués en France. Pourtant près de 40% des Français pensent encore ne pas avoir besoin de crème solaire, notamment 46% des hommes et des jeunes.
Quelle est leur perception des produits de protection solaire ? Comment et à quelle fréquence les utilisent-ils ? Quels écarts relève-t-on selon les âges et les genres ?
Les Français se protègent, mais pas suffisamment
Si 9 Français sur 10 pensent qu’il est indispensable de se protéger des rayonnements UV avec des produits adaptés, le passage à l’acte varie selon les lieux de l’exposition mais aussi le sexe et l’âge.
Les Français sont heureusement plus consciencieux avec leurs enfants : la quasi-totalité des Français pensent qu’il est
indispensable de protéger les enfants et leurs actes sont plus en accord avec cette conviction. 93% des parents protègent leurs enfants au moins une fois par jour lorsqu’ils sont exposés au soleil, et près de 60% renouvellent le geste au moins toutes les 2 heures. Seuls 7% des enfants ne sont jamais protégés.
Qu'est ce qui motive et freine les Français ?
Au top 3 des raisons qui motivent les Français à se protéger : la protection contre les coups de soleil pour 79% d’entre eux, suivie par la protection contre les pathologies cutanées (cancers, allergies, ...) pour 76%, puis par la protection contre le vieillissement de la peau (53%), sujet qui prend de l’importance avec 4 points de plus qu’en 2021.
À l’inverse, parmi les 3 premiers freins relevés, la crainte d’impact sur la santé de certains ingrédients contenus dans les crèmes pour 59%, suivie de près par le prix des crèmes solaires (57%), et par l’impact écologique qu’elles pourraient avoir sur les océans et l’environnement (54%).
Notons que les jeunes (25-34 ans) sont particulièrement inquiets d’un possible risque des crèmes solaires sur la santé (69% soit 10 points de plus que la moyenne). Ils sont aussi 2 fois plus nombreux que la moyenne à penser que les crèmes solaires les empêchent de bronzer (45% vs 22%).
« Ces chiffres révèlent un paradoxe important : d’un côté, une très forte conscience collective des risques d’une exposition aux UV pour la santé, de l’autre, un manque de rigueur dans le suivi des recommandations des autorités de santé pour se protéger.
Ce baromètre montre aussi que les idées reçues perdurent sur l’impact pour la santé ou l’environnement des produits solaires. Les produits solaires sont soumis à une réglementation extrêmement stricte, qui garantit tant leur efficacité que leur sécurité pour la santé des consommateurs. Par ailleurs, les marques réalisent beaucoup d’innovations pour améliorer les formulations, renforcer la biodégradabilité et mesurer de la façon la plus fine possible l’impact sur les milieux marins.
Nous devons continuer de rappeler que les risques liés à l’exposition au soleil, sans protection, sont mortels. Le vrai danger, c’est de ne pas se protéger ! » alerte Emmanuel Guichard, Directeur Délégué de la FEBEA.
Bien utiliser les crèmes solaires : le point avec la direction scientifique de la FEBEA
Peut-on réutiliser sa crème solaire de l’été dernier ? Non, il ne faut pas utiliser sa crème solaire si elle est ouverte depuis un an. Une fois que votre produit solaire est ouvert, vous devez le consommer dans l’année, même s’il peut se conserver plus longtemps. Il est primordial de ne pas garder, ni réutiliser un produit de protection solaire ouvert d’une année à l’autre. Pourquoi ? Exposé au soleil, à la chaleur, au sable, les crèmes solaires perdent, avec le temps, une partie de leur efficacité et peuvent se détériorer. Tant qu’ils ne sont pas ouverts, les produits de protection solaire se conservent très bien dans un endroit frais et sec.
| Quelle est la bonne fréquence d’utilisation d’une protection solaire ? La protection solaire doit être appliquée toutes les deux heures voire plus souvent si on se baigne, qu’on transpire ou que la peau a été frottée par un tissu (vêtements, serviette). Elle permet de se protéger des rayons UVB (première cause des coups de soleil, des dommages directs à l’ADN et des cancers de la peau) qui varient selon l’heure de la journée et des UVA (à l’origine du vieillissement de la peau et des rides) qui passent quasiment librement à travers les nuages et le verre, et sont présents toute la journée. Se protéger trop peu ou pas du tout, c’est mettre en danger sa santé. Un cancer sur 3 diagnostiqué à travers le monde est un cancer de la peau. On observe une augmentation frappante des cancer cutanés : ils ont été multipliés par 2,5 depuis 1983.
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Que signifient les différents indices d’une crème solaire ? Comment choisir le bon ? L’indice SPF (facteur de protection solaire) est une échelle indicative du niveau de protection solaire offerte par le produit. Plus il est élevé plus la protection est forte. A titre d’exemple, une protection solaire indice SPF30 laissera passer environ 3% des rayonnements UVB contre environ 1% pour une protection solaire d’indice SPF50.
| Est-ce qu’on bronze avec de la crème solaire indice 50 + ? Oui. L’essentiel est d’utiliser une crème solaire adaptée à son phototype et à l’indice UV. La crème solaire indice 50+ est le SPF le plus élevé pour se protéger des rayons nocifs du soleil, mais ce n’est pas une protection totale. Le terme “écran total” est d’ailleurs interdit en Europe depuis 2006. Même avec un indice SPF 50+, les UV activent la production de mélanine (le pigment qui colore la peau) nécessaire à l’apparition du bronzage. Un indice élevé de protection n’empêche donc pas de bronzer !
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Que sait-on vraiment des risques de pollution des océans par les filtres solaires ? Il n’existe pas de consensus scientifique sur l’impact des filtres solaires dans les milieux marins, notamment par rapport à d’autres causes comme le réchauffement climatique. La concentration des filtres solaires dans l’eau reste en tout état de cause extrêmement faible, de l’ordre du nanogramme (un milliardième de gramme) au microgramme (un millionième de gramme) par litre. La perception d’un film huileux à la surface de l’eau n’est absolument pas représentative de la quantité de produit dans l’eau. Elle est encore moins représentative de la quantité de filtres solaires dans l’eau, celui-ci n’étant qu’un composant parmi d’autres du produit solaire. De manière générale, le secteur cosmétique agit pour concevoir des formules de produits de protection solaire qui assurent une protection optimale, tout en réduisant leur impact sur l’environnement. Par exemple, en utilisant moins de filtres, en introduisant des ingrédients d’origine végétale, ou biodégradables sans oublier les formules qui résistent à l’eau. La FEBEA tient à rappeler que la fragilisation des coraux trouve majoritairement son origine dans les effets du réchauffement climatique, tels que l’augmentation de la température et l’acidification des eaux. C’est ce qu’indique l’étude du Centre Scientifique de Monaco (CSM) publiée en 2009 dans la revue Science.
| Les produits de protection solaire sont-ils toxiques pour la santé ? Absolument pas ! Les produits cosmétiques, dont font partie les produits de protection solaire, sont soumis à une réglementation extrêmement stricte, dont l’application est étroitement contrôlée par les autorités sanitaires européennes comme françaises. Tous les produits et les ingrédients cosmétiques mis sur le marché sont donc sûrs pour la santé. Parmi les ingrédients cosmétiques, les filtres solaires font, en outre, l’objet d’un encadrement spécifique supplémentaire : étant donné leur rôle majeur pour la santé, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), organisme indépendant auprès de la Commission européenne, vérifie régulièrement de manière approfondie leur efficacité et leur innocuité.
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