Sécurité

Sécurité des produits cosmétiques : un cadre européen exigeant fondé sur la science

A la suite de la publication par l’INSERM intitulée « Réduire son usage des cosmétiques permet de réduire rapidement l’exposition à certains polluants chimiques et perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A », la FEBEA souhaite apporter des éléments de clarification et de mise en perspective scientifique.
Tout d’abord, la FEBEA souhaite rappeler que la réglementation européenne sur les cosmétiques et parfums est l’une des plus strictes au monde. Ce cadre réglementaire constitue le fondement de l’excellence du secteur cosmétique et garantit que la sécurité des consommateurs est placée au cœur de la formulation, de la fabrication et de la commercialisation des produits, en France comme en Europe.

Ce que montre la publication de l’INSERM

103 jeunes femmes ont remplacé, pendant une durée de cinq jours, leurs produits cosmétiques habituels par des alternatives, et des analyses d’urines ont été réalisées avant et après cette intervention. Les résultats montrent une diminution mesurée de certaines substances, notamment le bisphénol A (BPA), certains parabènes et un métabolite de phtalate.

 

Une interprétation qui appelle à la prudence

Si la publication repose sur un protocole expérimental sérieux, il est toutefois essentiel de préciser que la baisse des concentrations urinaires témoigne d'une diminution de l'exposition récente, mais le lien de causalité avec les effets bénéfiques sur la santé n'est pas clairement établi.

Par ailleurs :

  • L'évaluation des bénéfices pour la santé (baisse de l'asthme, préservation du QI) n'a pu être réalisée que pour le Bisphénol A
  • L’étude repose sur une intervention très courte, limitée à cinq jours, ce qui ne permet pas d’extrapoler des effets à moyen ou long terme.

Les bénéfices sanitaires annoncés dans l'étude reposent sur une modélisation comportant des incertitudes importantes.

Pour estimer ces impacts (sur le QI, l'asthme ou l'obésité), l'étude empile plusieurs hypothèses fragiles reconnues par les auteurs eux-mêmes :

  • Un biais de durée : elle suppose qu'une baisse d'exposition observée sur seulement 5 jours serait maintenue stricto sensu pendant 9 mois de grossesse.
  • Un biais de population : elle transpose les résultats de jeunes étudiantes à des femmes enceintes.
  • Un biais de causalité : elle extrapole des associations statistiques issues de la littérature en relations causales pour estimer des effets sanitaires.
  • Une sur-extrapolation : elle applique des effets individuels infimes pour calculer un impact massif à l'échelle nationale.

En résumé : L'accumulation de ces hypothèses fragilise les conclusions. À titre d'exemple, la perte estimée sur le quotient intellectuel est très faible (–0,44 point) au niveau individuel.

 

Un cadre réglementaire cosmétique parmi les plus exigeants au monde

Il est essentiel de replacer ces éléments dans le cadre réglementaire existant.

Tout produit cosmétique mis sur le marché européen est évalué comme sûr dans les conditions d’usage prévues, au sens du Règlement (CE) n°1223/2009. Ce texte impose :

  • une évaluation rigoureuse de la sécurité par un expert toxicologue qualifié avant toute mise sur le marché ;
  • l’interdiction de commercialiser un produit sans évaluation positive de sa sécurité ;
  • la possibilité pour les ingrédients d’être évalués ou réévalués à tout moment par le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (SCCS) dès que de nouvelles données scientifiques sont disponibles ;
  • un dispositif de cosmétovigilance assurant le suivi des produits tout au long de leur cycle de vie.

 

Ingrédients cosmétiques : un usage strictement encadré

Les substances évoquées dans la publication de l’INSERM font déjà l’objet d’un encadrement réglementaire précis dans le cadre du Règlement cosmétique.

Certaines sont autorisées sous conditions spécifiques :

  • en annexe III pour des utilisations encadrées (cas du 2‑Butoxyethanol) ;
  • en tant que conservateurs en annexe V (méthyl‑, éthyl‑ et propyl‑parabène, triclosan, phénoxyéthanol) ;
  • comme filtre ultraviolet (benzophénone‑3).

À l’inverse, le bisphénol A est interdit d’utilisation en cosmétique (annexe II).
Dans le cas où des traces non intentionnelles seraient détectées — par exemple du fait de migrations depuis des emballages ou des équipements de fabrication — celles‑ci ne sont tolérées que si :

  • leur présence est techniquement inévitable dans le respect des bonnes pratiques de fabrication ;
  • et ne présente aucun risque pour la santé humaine, ce qui est systématiquement évalué dans le rapport de sécurité du produit.

 

Engagement, transparence et responsabilité

La FEBEA prend acte des travaux scientifiques publiés et réaffirme son attachement à une lecture rigoureuse, contextualisée et proportionnée des données disponibles.
La sécurité des consommateurs constitue et restera le socle intangible de la réglementation cosmétique européenne.

Sur la question de la perturbation endocrinienne soulevée par la publication, la FEBEA tient à rappeler son engagement pour le développement de méthodes de caractérisation des perturbateurs endocriniens à travers la plateforme public-privé PEPPER, dont elle est membre fondateur.

La Fédération rappelle que cette sécurité repose sur un cadre réglementaire robuste, scientifique et évolutif, et non sur des extrapolations théoriques isolées ou des interprétations alarmistes.

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